Maître des cérémonies Pontificales: Monseigneur Enrico Dante

Un des plus grands esprits liturgiques du vingtième siècle a été Monseigneur Enrico Dante (1884-1967). Il fût choisi parmi beaucoup pour être le Maître des Cérémonies pontificales durant trois décennies importantes qui atteindront leur apogée avec le Concile Vatican II. Le 24 avril est l’anniversaire de sa mort à l’âge de 82 ans. Mgr Dante incarne l’âge d’or de la liturgie pontificale.

Mgr Dante se repère aisément, on le voit debout proche des papes – dans son raffinement oriental – dans l’élégance de ses manières et de son comportement. Son attitude n’était rien de moins que parfaite. Il fût l’architecte derrière les célébrations pontificales sous les pontificats de Pie XII, Jean XXIII et Paul VI. En tant que cérémoniaire du pape, il était le ciment qui maintenait la tenue des liturgies papales complexes. Ces années ont vues le développement de la photographie, précieux témoignages de ce qu’était la splendeur et l’imagination de l’ancienne chapelle et de la cour papale. Les célébrations liturgiques devaient débuter telles un spectacle époustouflant de beauté, une telle scène ne pouvait être tenue qu’à Rome et au Vatican. Les fidèles rentraient chez eux avec les yeux pleins de joie et le cœur plein de révérence.

Aujourd’hui encore, Mgr Dante compte de nombreux adeptes parmi les liturges. Certains pèlerins venant à Rome souhaitent visiter encore aujourd’hui sa tombe. Il est enterré dans la crypte de la Basilique de Sainte-Agathe des Goths, aujourd’hui église titulaire du Cardinal Burke, située juste en bas de la rue derrière l’Angelicum. Demandez à la sacristie de voir la crypte du bas et le sacristain vous ouvrira la porte et allumera la lumière.

Dante a été chargé à la fois d’assister et de superviser certaines des plus belles fonctions sacrées jamais filmées. Ce furent des années de prestige, d’élégance baroque et de beauté, lorsque les hautes liturgies scintillaient dans le rayonnement du soleil d’Orient, avec tant de subtils éléments byzantins. Les liturgies étaient construites pour durer éternellement, aussi longtemps que la papauté elle-même. Le centre du travail de Dante était d’assister le Saint-Père à l’autel durant la Sainte Messe. Je peux certainement dire moi-même qu’aucun homme à l’autel ne m’a autant impressionné dans son rôle sacré de cérémoniaire.

Au cours des dernières années de son mandat, le vent du changement a soufflé et bientôt la tempête de la révolution a eu l’élan d’un train de marchandises. Le changement était dans l’air et l’esprit révolutionnaire était, de l’avis de beaucoup, imparable. Aujourd’hui, les historiens et les liturges curieux étudient et s’émerveillent devant les précieux rites de l’Antiquité qui ont survécu jusqu’à nos jours, consignés à jamais dans les vieux Cérémonials de la sacristie de la Basilique du Vatican, aujourd’hui conservés à la Bibliothèque du Vatican. Mgr Dante a été le dernier cérémoniaire papal avant l’arrivée du novus ordo . Les drames sacrés des liturgies papales de l’époque étaient une succession de grands personnages et comprenaient des figurants aussi colorés que l’imposante Garde Noble et les gardiens du Pape. L’aristocratie locale de rang et d’intellect était incluse avec des rôles spéciaux. La noblesse romaine, les maisons royales d’Europe et les hauts dignitaires de l’église, ainsi que le corps diplomatique accréditées auprès du Saint-Siège, jouaient un rôle important dans les liturgies papales, assurant la présence des dignitaires de la haute cour, portant les différents insignes des ordres royaux et chevaleresques et les décorations militaires d’honneur. Les sediaris, vêtus de leurs brillants costumes de brocart rouge, portaient le pape dans une grande entrée sur la sedia gestatoria. Le haut chambellan de Sa Sainteté, était toujours présent. Les visiteurs étaient pris par l’émotion de la scène.

Moins d’un an après la mort de Dante, la cour et la chapelle papale ont été secouées par le Motu Proprio Pontificalis Domus, abolissant de fait les protocoles des siècles précédent. La sagesse et les traditions des siècles ont été supprimées au profit d’un nouveau départ, tandis que les rôles du clergé et des laïcs dans la chapelle pontificale ont été réorganisés de manière drastique. En bref, l’époque des liturgies complexes du « pharaon » papal était révolue, où les liturgies resplendissaient dans un habit de joyaux. Les gens s’étaient lassés de la grandeur.

On peut dire beaucoup de choses sur Monseigneur Dante et la majesté perdue des liturgies papales à cette époque ; je recommande le lien vers sa page Wiki pour une brève biographie. Hélas, je souhaiterait qu’un historien intrépide écrive sa biographie. Dante a été préfet des cérémonies pontificales de 1947 à 1965. Il a fait ses débuts dans les liturgies papales en 1914 lorsqu’il a rejoint le Collège des cérémoniaires pontificaux. Il a été créé cardinal le 22 février 1965. Il a vécu deux ans en tant que cardinal de la Sainte Église romaine et est décédé le 24 avril 1967. Dans votre charité, veuillez offrir une prière pour le repos de son âme.

Article original de John Paul Sonnen publié sur Liturgical Arts Journal, traduit par Guy Bachelier .

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